L'Armée des Douze Singes de Terry Gilliam

Intérêt
Rendant hommage à Hitchcock et à Chris Marker, Terry Gilliam réalise un film de science-fiction qui mêle, en un fascinant voyage dans le Temps, vision noire apocalyptique, images baroques et hymne à l'amour.


Table des matières

1. Analyse


Film de science-fiction qui brasse des thèmes multiples, L’Armée des Douze Singes, à travers un vibrant hommage au cinéma, est tout à la fois une remise en question radicale de nos sociétés modernes et l’évocation d’un futur cauchemardesque, nuancées par un hymne à l’amour présenté comme le seul espoir de bonheur dans une condition humaine tragique.

Ce déplacement dans le temps est l’occasion d’un voyage récurrent dans l’histoire du cinéma auquel se réfère Gilliam à diverses reprises. Ces longues séquences dans les hôpitaux psychiatriques lors des événements qui se déroulent en 1990, comme ceux de 1996, évoquent le film de Milos Forman, Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975). Et, parallèlement, les débats d’idées qui agitaient le monde occidental dans les années 1980. On y retrouve sous couvert de soins aux personnes en difficulté psychologique la même volonté de plier aux normes (Jeffrey) à l’aide de discours faussement bienveillants, voire mensongers. Ou en ayant recours aux psychotropes qui annihilent la conscience et le libre-arbitre. Ou encore en installant les patients devant des écrans qui diffusent les images anesthésiantes d’une réalité idyllique et fausse. Par ailleurs, cette organisation intrinsèquement oppressive n’accepte pas l’insoumission et devient immédiatement répressive, comme le montre la longue séquence où Jeffrey Goines, survolté, appelle à la révolte les patients en référence directe au personnage de Mc Murphy (interprété par Jack Nicholson), dans le film de Milos Forman, soucieux de réintroduire la vie dans le lieu clos étouffant de l’hôpital. Il va de soi que, au-delà de l’institution psychiatrique, c’est la répression sociale des libertés individuelles qui est dénoncée et une société foncièrement totalitaire. C’est ainsi qu’à José, qui lui rappelle les ordres des Savants concernant sa mission et lui donne un pistolet qui va servir à abattre l’assistant du professeur Goines, James répond: « Il ne s’agit plus du virus, hein ? Il s’agit d’obéir aux ordres. De faire ce qu’on nous dit. »

Les séquences du film qui se déroulent en 1990 et en 1996 ne font qu’annoncer, en définitive, celles du monde futuriste de 2035. Le réalisateur insiste d’ailleurs sur cette analogie dans le temps en établissant des correspondances entre ces trois époques. C’est ainsi qu’en 2035, les survivants de l’épidémie sont rangés – tels les animaux cobayes de 1990 et 1996 - dans de véritables cages en fer. Ils sont même marqués au cou d’un code-barres qui donne accès à leur dossier, comme on le fait pour des sujets d’expérience. Enfin, en 2035, Cole comparaît devant un aréopage de six Scientifiques rangés en demi-cercle devant lui, comme il avait dû le faire devant les psychiatres de l’asile lors de son premier voyage en 1990 : les savants sont désormais devenus les propriétaires de ce nouveau monde souterrain soumis à leur bon vouloir. Gilliam dénonce ainsi le fonctionnement de nos sociétés scientifiques modernes où la Science vise à expliquer - une Science pourtant susceptible d’erreurs comme le démontrent les deux fourvoiements des Scientifiques qui envoient James Cole en 1990, puis en 1914, alors que le voyage dans le temps devait le conduire en 1996 ! - et organiser rationnellement l’humanité au détriment des pulsions de vie et des émotions considérées comme autant de grains de sable sur le chemin de la normalité souhaitée. L’avenir de cet univers rationnel et de plus en plus artificiel serait-il à l’image de ce monde futuriste que dépeint le réalisateur ? Obligé de se couper d’une Nature qu’il utilise à des fins toutes personnelles et utilitaristes, l’homme moderne dessine l’image d’un futur apocalyptique : le film pointe du doigt les expérimentations pratiquées à grande échelle sur les animaux et la mise au point de virus dangereux par des chercheurs incontrôlables susceptible de déboucher sur l’anéantissement apocalyptique de cinq milliards d’êtres humains. Cet univers souterrain sordide du film, où se protègent les rares survivants de la grande épidémie, tandis que, en surface, de sinistres métropoles délabrées et ruinées, empoisonnées et désertées, ne sont plus habitées et parcourues que par les animaux sauvages et les insectes, est saisissant de réalisme : dans une lumière crépusculaire de fin du monde, le ciel, le soleil, la nature et les couleurs de la vie ont disparu, remplacés par les ténèbres d’un décor glacé, inhabitable et repoussant. La civilisation humaine après avoir détruit la Nature s’est détruite elle-même. On n’échappe pas au temps et à la destinée et notre responsabilité au regard des générations futures est totale : ce que nous faisons aujourd’hui engage l’avenir de humanité.

Le spectateur est ainsi transporté de prisons totalitaires (en 2035) en hôpitaux angoissants (en 1990 et 1996) et plongé dans un monde souterrain irrespirable, au milieu de vastes métropoles ruinées (en 2035). L’Armée des douze singes ne propose que des décors clos, sans perspective, aux couleurs sombres, qui visent à nous enfermer dans un monde claustrophobe - toutefois parcouru de saisissantes visions à travers des plans cinématographiques somptueux de beauté insolite (par exemple, un lion juché sur les toits d’immeuble tel une gargouille surréaliste animée, ou encore des girafes parcourant, majestueusement solitaires, l’espace urbain). Il en résulte un univers lugubre né d’un mélange hétéroclite et sordide de ferrailles entrelacées (conduits métalliques, canalisations, tubes, tuyaux, grillages, treillis, etc.) et d’imposantes architectures monumentales dévastées.

L'une des rares échappées hors de ce monde cauchemardesque s'inscrit dans le regard bleu de l’enfant qui se lève vers le ciel à l’ultime image du film. Mais l’avion qui s’envole sous ses yeux – et ce n’est pas un hasard - transporte le virus à disséminer…

Précisément, le seul rayon de soleil – encore que l’on puisse y ajouter le combat écologique des militants idéalistes de l’Armée des douze singes – qui éclaire le film et ce qu’est la destinée humaine met en lumière l’attraction éprouvée par les personnages de Kathryn et de James au cours des deux épisodes de 1990 et 1996. Une double rencontre qui les font se retrouver, se plaire et s’aimer - platoniquement. Six années s’écoulent pour que leur histoire les soude à jamais et cette durée insolite met en évidence le dessein de Gilliam : se réapproprier ce thème universel de l’Amour prédestiné et immortel évoqué, par exemple, dans le roman celte, - Tristan et Iseult (2). C’est, en effet, James, depuis son enfance, qui porte en lui, au cœur de ses rêves, l’image récurrente, obsédante, de cette femme blonde qui s’élance vers l’homme blessé à terre, agonisant. C’est James qui confie à Kathryn l’avoir déjà rencontrée. (« Je veux tout ignorer du futur. Je veux redevenir un être normal. Je veux que ce soit le présent. Je veux rester ici, cette fois. Avec vous. ») C’est enfin James qui, au sortir de la salle de cinéma où ils se sont réfugiés, avoue son amour à cette femme désormais blonde et qu’il vient enfin de reconnaître comme celle qui hantait ses rêves. Et cette révélation a lieu par le procédé d’une mise en abyme en forme d’hommage au cinéma, à Hitchcock et, précisément, à Vertigo (Sueurs froides).

La salle de cinéma où ils ont trouvé refuge et où ils se griment pour changer leur apparence et échapper aux poursuites, consacre en effet 24 heures ininterrompues à un festival des films d’Hitchcock dont quatre titres s’affichent au fronton de l’édifice (Strangers on a train/L’Inconnu du Nord Express ; North by Northway/[La Mort aux trousses ; Vertigo/Vertigo (Sueurs froides) ; Psycho/Psychose).

  • James : « C’est exactement ce qui nous arrive. Comme le passé. Le film ne change pas. Il ne peut pas changer, mais… A chaque vision, il paraît différent parce qu’on est différent. On voit d’autres choses.
  • Kathryn : Si on ne peut rien changer car c’est déjà arrivé, cueillons les roses de la vie.
  • James : Quelles roses ?
  • Kathryn : C’est une expression.
  • James : Pourquoi fais-tu ça ? Je veux savoir pourquoi ! Si je me trompais ? Si tu te trompais ? Si j’étais vraiment fou ?
  • Kathryn : Dans quelques semaines, on sera fixés. S’il y a toujours des matchs de foot et des embouteillages, des émissions de télé et des hold-up, on sera tellement contents que ce sera une joie de se rendre à la police.
  • James : Que veux-tu faire ?
  • Kathryn : Tu n’as jamais vu l’océan ? »

Lorsque James se réveille seul dans la salle de cinéma en proie au cauchemar habituel de la femme blonde criant et courant dans l’aéroport vers l’homme blessé à mort, à l’écran Mélanie est attaquée par Les Oiseaux d’Hitchcock. Il quitte la salle, affolé de se retrouver seul. Mais Kathryn l’accueille, souriante, dans le hall : « Départ à 9h30 pour Key West », lui annonce-t-elle. Et elle émerge de l’obscurité. Mais elle est désormais blonde, et son apparition est accompagnée, en fond musical, par la partition de Bernard Herrmann lorsque, dans Vertigo, Judy se métamorphose en Madeleine sous les yeux incrédules de Scottie.

  • James : « Je ne t’avais pas reconnue.
  • Kathryn : Tu as pas mal changé, toi aussi.
  • James : Ça a toujours été toi. Dans mon rêve, c’était toi.
  • Kathryn : Je me rappelle de toi comme ça.
  • James : C’est vrai ?
  • Kahryn : Il me semblait te connaître. Il me semble t’avoir toujours connu.
  • James : J’ai peur ! »

A l’instar de la Madeleine de Vertigo surgissant du passé heureux mort pour ressusciter dans une lumière verte, Kathryn sort du cauchemar de James, nimbée d’un halo rouge, pour s’incarner enfin dans son présent. Et James comprend alors que son cauchemar peut désormais se réaliser.

Mais cet amour prédestiné entre Kathryn et James prend une coloration inédite : il ne résulte pas seulement de la passion qu’éprouve deux amants, mais s’enrichit d’une dimension rarement évoquée en ce qui concerne le sentiment amoureux, celle de l’attachement filial et/ou maternel entre les deux personnages. Ainsi, lorsque James exprime son désir de rester avec elle (« Je veux tout ignorer du futur. Je veux redevenir un être normal. Je veux que ce soit le présent. Je veux rester ici, cette fois. Avec vous, en 1996. »), elle s’approche de lui et essaie de le consoler, comme le ferait une mère à son enfant malheureux.

Il faut toutefois regretter que cette séquence superbe perd de sa magie, suite à un montage bien mal venu (même s’il a pour objet de maintenir la tension en rappelant les événements tragiques qui se préparent) qui l’interrompt, hélas ! pour évoquer les manigances de Jeffrey avec son père et suspend l’émotion naissante entre les deux personnages.

« Ce qui doit arriver arrive » semble démontrer Gilliam en reprenant la fameuse séquence initiale filmée au ralenti dans une lumière surexposée : James ne peut éviter un destin qu’il met en œuvre lui-même, et Kathryn vit et partage, cette fois dans le temps réel, le cauchemar que James lui a raconté… Elle court en hurlant vers James, abattu par la police, qui meurt dans ses bras. Mais, surmontant sa douleur, elle cherche fiévreusement du regard - et trouve – le James enfant qui assiste à la scène et dont la présence est, pour elle, la certitude que James n’est pas mort et une promesse de survie par-delà cette scène funeste. Pendant que les policiers emmènent une Kathryn qui garde les yeux rivés sur l’enfant James Cole, on peut imaginer l’avenir qui lui sera réservé après 1996 : internée dans quelque hôpital psychiatrique, elle sera sans doute soignée pour sa prétendue psychose hallucinatoire…

La fin du film, par son ambiguïté même, soulève bien des interrogations.

L’arrivée de cette Scientifique de 2035 (se présentant sous le nom de Jones) qui prend place dans l’avion au côté de Peters, l’assistant du docteur Goines, peut s’interpréter de deux façons. Signifie-t-elle que les Scientifiques de 2035 ont, en fait, trouvé une solution au possible échec de James pour annihiler les projets du Dr Peters et détruire ses cultures biologiques : la présence de cette Scientifique ? Le regard de l’enfant Cole levé vers le ciel serait alors un regard d’espoir. Mais, inversement, n’est-il pas tout aussi plausible de penser qu’il y a eu complot des Scientifiques en 1996 pour promouvoir la fin du monde et en prendre la direction et que sa mission est de guider l’assistant pour qu’il libère le virus mutant dans le monde entier, voire de s'en emparer et de le faire à sa place ? Le regard de Cole enfant fixerait alors l’avion de l’apocalypse à venir.

Toutefois, le spectateur sait que le virus s’est déjà répandu dans l’aéroport lorsque le Dr Peters obéit au douanier qui lui demande d’ouvrir ses éprouvettes, ce qu’ignore encore la femme Scientifique… (3)

Plus généralement, pour ce qui est du sens du film, le personnage de Cole est-il un mythomane qui prétend voyager à travers le Temps (choqué par cette scène de meurtre à l’aéroport qui le hante depuis ses huit ans, il aurait développé ensuite une psychose que révèleraient ses cauchemars à travers l’histoire insensée qu’il échafaude) ou bien incarne-t-il bien cet envoyé du Futur désespéré de ne point être entendu ? La question se pose dès lors que, à la fin du film, il en arrive à douter de sa mission et demande instamment à Kathryn qu’elle le soigne et lui évite de croire à l’apocalypse…

On ne peut, enfin, analyser le film sans évoquer la bande originale : le What a wonderful life de Louis Armstrong comme une variation ironique sur le monde qui est dépeint. Ou encore le leitmotiv insolite des notes de l’accordéon et le tango – musique synonyme de passion et de tragédie -qui illustre parfaitement l’amour impossible entre James (enfant et adulte) et Kathryn.

Et, surtout, à la fin du film, célébrer le bouleversant Dreamers awake de Paul Buckmaster, dont les violons déchirants s’accordent à ce regard bleu d’enfant encore rêveur qui contemple, en toute innocence, en toute ignorance, la scène de sa propre mort à venir. La partition aux accents de lamento laisse un violon solitaire jouer sa partition, fragile fil ténu d’âme en souffrance, prêt à se rompre, avant qu’un accompagnement musical plus sourd ne souligne puis ne relaie l’infinie mélancolie de la mélodie qui s’achève sur une montée chromatique du violon, nous laissant désemparés, sur une ultime note prolongée, comme inachevée. Et si accordée au sentiment de la destinée humaine…


2. Notes


(1) Pour mieux établir le lien de parenté qui relie les deux films, il est utile de rappeler le texte suivant dit par une voix off dans le film de Chris Marker, La Jetée (1962): « Ceci est l’histoire d’un homme marqué par une image d’enfance. La scène qui le troubla par sa violence, et dont il ne devait comprendre que beaucoup plus tard la signification, eut lieu sur la grande jetée d’Orly, quelques années avant le début de la Troisième Guerre Mondiale. Jamais cet enfant, devenu adulte, n’oublia le visage de la jeune femme et la chute de l’homme dans le vide, au bout de la jetée. Et c’est à cause de la netteté de ce souvenir qu’il fut choisi pour effectuer un voyage dans le passé. Choisi par ceux des survivants de la guerre nucléaire qui avaient trouvé refuge dans les sous-sols de Paris dévasté et en particulier par cet homme sans passion qui lui expliqua posément que la race humaine était maintenant condamnée, que l’espace lui était fermé, que la seule liaison possible avec les moyens de survie passait par le temps. Tel était le but des expériences : projeter dans le temps des émissaires, appeler le passé et l’avenir au secours du présent. Et c’est ainsi que l’homme, au terme de longs et pénibles voyages, retrouva la femme et refit avec elle le chemin qui, autrefois, les avait menés vers l’amour. On l’envoya aussi vers l’avenir d’un univers pacifié où il fut invité à demeurer. Mais il préféra revenir au monde de son enfance et à la femme aimée. Une fois sur la grande jetée d’Orly, dans ce chaud dimanche d’avant-guerre où il allait pouvoir demeurer, il pensa avec un peu de vertige que l’enfant qu’il avait été devait se trouver là aussi, à regarder les avions. Mais il chercha d’abord le visage d’une femme, au bout de la jetée. Il courut vers elle. Et lorsqu’il reconnut l’homme qui l’avait suivi depuis le camp souterrain, il comprit qu’on ne s’évadait pas du Temps, et que cet instant qu’il lui avait été donné de voir enfant, et qui n’avait pas cessé de l’obséder, c’était celui de sa propre mort. »

(2) On évoquera la fin du roman et ce rosier et cette vigne qui poussent et unissent les deux tombes des amants par-delà leur mort : « On raconte que pendant la nuit un rosier germa du cœur d’Iseut et qu’une vigne jaillit du cœur de Tristan. Ce rosier et cette vigne crûrent si haut qu’au-dessus de la chapelle, ils entrelaçaient leurs branches, mêlant feuilles, fleurs et fruits. Par trois fois ils furent coupés, et trois fois ils repoussèrent. »

(3) Le virus se répand donc dans l’aéroport de Philadelphie et l’avion qui en décolle va le propager dans le monde entier. Il n’est sans doute pas fortuit que ce soit à Philadelphie, précisément, que fut signée en 1776 une Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis dont la mission était de répandre la Liberté. Faut-il voir dans le choix de cette ville une allusion sarcastique de Gilliam ? D’autant plus que ses propos sur cette ville sont sans ambiguïté : « Tout dans Philadelphie - son architecture européenne désormais délabrée, sa pauvreté abjecte, ce design des lendemains de guerre - incarne la perte du rêve américain. La nostalgie, la pourriture, le déclin. » D’autres références sont à évoquer. De même que Robert Wise dans Le Jour où la terre s’arrêta (1951) faisait de son extra-terrestre, Klaatu, un Messie moderne, ne peut-on voir dans Cole une sorte de prophète contemporain que l’on ne met plus en croix, mais que l’on veut soigner par la psychiatrie comme on le fait pour un fou ? Dans le même ordre d’idée, on rappellera que Jeffrey – chef de l’« Armée des douze (comme les douze Apôtres) singes », parle de son père de façon explicite (« My father is God »/« Mon père est Dieu»).


3. Synopsis détaillé


  • [Avant même le générique un texte s’inscrit sur fond d’écran noir : « Cinq milliards d’êtres humains mourront infectés par un virus en 1997. Les survivants déserteront la surface de la planète. Les animaux redeviendront les maîtres du Monde. (Extraits d’un entretien avec un sujet atteint de psychose hallucinatoire : 12 avril 1990. Hôpital du Comté de Baltimore) ».
  • Lui succède le générique avec, en fond d’écran, une sorte d’ellipse rouge noire de dessins de singe en forme de vague écusson.]

Le film commence sur un regard d’enfant aux yeux bleus filmé en très gros plan. [1mn37] Un fondu au noir déchiré par un cri précède une séquence au ralenti filmée en surexposition au cours de laquelle une femme se porte au secours d’un homme sur lequel on tire des coups de feu et qui s’abat au sol sous les yeux du même enfant aux yeux bleus. [2mn09]

Une voix d’hôtesse d’aéroport assure la transition avec la séquence suivante : elle annonce, dans la même phrase, le départ du vol 807 à destination de Miami et les arrivées du détenu matricule 27631, Cole James, et du détenu 27631, Johnson Steve, cependant que l’image de l’enfant laisse place à celle d’un homme mûr et mal rasé, apparemment prisonnier, qui semble se réveiller d’un sommeil lourd et profond. Son voisin de cellule, un nommé José, lui signale qu’il vient d’être désigné comme volontaire. En fait de cellule, il s’agit d’un ensemble de conteneurs en forme de cages grillagées empilés les uns sur les autres et se jouxtant étroitement. Puis une grue extrait le prisonnier de sa cage, qui obéit à des instructions insistant sur l’étanchéité de l’équipement qu’il doit revêtir. Dûment enfermé dans sa combinaison et aspergé de produits désinfectants, James Cole se fraie un passage dans un univers glauque de tuyaux et de tunnels pour accéder à l’air libre en passant par une plaque d’égout soulevé. [5mn25]

Le monde de 2035 qui lui apparaît est une mégalopole nocturne en ruines recouverte de neige où déambulent des animaux sauvages. La mission qui lui a été imposée consiste à recueillir et à mettre en boîte les insectes vivants qu’il rencontre. Ce travail minutieux lui fait traverser d’anciens lieux de vie où gisent, abandonnés, les objets familiers de la civilisation montrés comme autant de vestiges d’un monde détruit. [7mn10]

[Une inscription s’affiche à l’écran : « Inspiré par le film La Jetée de Chris Marker. »] (1)

James Cole parcourt la ville, découvre une pancarte empoussiérée proclamant « We did it/On l’a fait. » cependant qu’un lion juché sur le toit d’un immeuble rugit dans la nuit. De retour à sa base, il est dénudé, aspergé de produit désinfectant et méticuleusement nettoyé à la brosse par deux hommes qui lui font ensuite un prélèvement sanguin. Il est ensuite mis en quarantaine. Puis il est conduit devant six Scientifiques (cinq hommes et une femme) en blouse blanche, capables de faire voyager dans le temps, qui – après qu’on l’a attaché sur un siège installé en hauteur - lui proposent une mission impossible à refuser en échange d’une réduction de peine : contribuer à rétablir l’espèce humaine à la surface de la terre. Et pour ce faire, il sera envoyé dans le passé, en 1996, date de l’épidémie, pour rapporter un échantillon du virus à partir duquel un vaccin immunisant pourra être fabriqué. [10mn20]

A Baltimore, en avril 1990, Kathryn Railly, brillante assistante du docteur Fletcher, appelée sur son téléphone portable, quitte en toute hâte une conférence à laquelle elle assiste pour se rendre dans les locaux de la police où a été interné un homme trouvé sur la voie publique en caleçon et vêtu d’un imperméable transparent qui tenait des propos incohérents sur un virus, ne sachant ni le lieu où il se trouvait ni le jour que l’on était. Il n’a pu donner que son nom : James Cole. La jeune psychiatre procède à son examen et s’aperçoit, au cours de l’entretien, qu’il se croit en 1996 : elle lui demande s’il pense être dans le futur, mais il lui répond que, pour lui, c’est le passé ! Ainsi les Scientifiques ont fait une erreur et James Cole a été envoyé non en 1990, mais en 1996 ![14mn30]

Il est conduit, pour y être interné, dans un hôpital psychiatrique où il rencontre, parmi d’autres malades, un illuminé nommé Jeffrey Goines. Plus tard, il est interrogé par une équipe de psychiatres incrédules à qui il essaie d’expliquer de quoi sera fait le futur (« Cinq milliards d’individus sont morts en 1996 et 1997. Seul un pour cent a survécu. ») et la nature de sa mission (« J’essaie de recueillir des informations pour que ceux du présent puissent remonter aux origines du virus. »). Il leur demande par ailleurs de passer un coup de téléphone aux Scientifiques qui l’ont envoyé par erreur en 1990 et non en 1996. Hélas, il n’obtient pas d’interlocuteur puisqu’il appelle, en 1990, un numéro qui n’existera qu’en 1996. De nouveau, après que Kathryn eut affirmé qu’elle avait l’impression de le connaître, James Cole, renvoyé dans sa cellule d’internement, revoit en rêve la scène de l’aéroport du début du film filmée au ralenti et en lumière surexposée : l’enfant témoin de la scène où une femme blonde court vers un homme abattu. [24mn10]

James se réveille et, par la fenêtre grillagée, voit une femme blonde et un homme enlacés sur le trottoir. Jeffrey Goines, son jeune voisin de chambre, lui explique qu’ils sont enfermés pour que les gens de l’extérieur soient protégés d’eux, alors qu’ils sont tout aussi fous. Par exemple, ils méconnaissent les règles d’hygiène, vivant comme si les microbes n’existaient pas : « Rien n’est vrai, rien n’est faux, tout est une question d’opinion. » conclut-il drôlement sa démonstration. Puis, de plus en plus nerveusement très agité, il lui offre de s’évader, et, cette fois en plein délire, clame son amour pour son père qu’il considère comme un Dieu : les surveillants entrent et l’emmènent pour le calmer. [28mn]

On les retrouve tous deux dans une salle commune : la télévision diffuse des images insoutenables d’expériences sur des animaux de laboratoire. James Cole, qui écrit une lettre, commente sobrement l’émission : « L’espèce humaine mérite peut-être d’être éliminée. » Jeffrey, très intéressé par ce point de vue, prend des airs mystérieux pour évoquer un projet allant dans ce sens. A propos d’une émission des Marx Brothers intitulé « Monkey business/Monnaie de singe », Il donne une clé à James en faisant un jeu de mot sur « Monkey/Mon key/clé », puis sème le désordre dans la salle et fait diversion pour que James puisse s’enfuir. Bien que sous l’emprise des médicaments qui diminue ses facultés, ce dernier parvient à quitter la salle et parcourt les étages avant d’être repris et, de nouveau, drogué. Kathryn Reilly est vivement prise à partie par son supérieur, le Docteur Fletcher, qui lui reproche de ne pas avoir entravé son patient. Un nouvel incident est alors signalé : le patient entravé s’est échappé !

Dans son sommeil, James fait de nouveau le cauchemar de l’aéroport mais celui qui s’enfuit avec la mallette a, cette fois, le visage de Jeffrey. Il s’éveille cependant qu’une voix lui parle, qui l’appelle Bob, sans doute un volontaire désigné comme lui, qui évoque les échecs des voyages dans le temps mal programmés par les Scientifiques. [38mn10]

James est, précisément, récupéré par les Scientifiques et renvoyé en 2035 pour rendre compte de sa Mission. Toujours attaché sur son siège en hauteur, il se trouve face aux Scientifiques qui apprennent, de sa bouche, qu’il a été envoyé, par erreur, en 1996 et non en 1990. Il ajoute à leur déception quand il leur précise que le message reconstitué qu’ils ont reçu (« La FAA - Freedom For Animal Association/Association Liberté Pour les Animaux - est le QG de l’« Armée des Douze Singes ». Ce sont eux qui vont le faire. Je ne peux rien faire de plus. Je dois partir. Joyeux Noël ! ») et qui s’achève dans un éclat de rire n’est pas de lui. Il reconnaît toutefois sur une photo Jeffrey Goines. Sa mission ayant échoué, les Scientifiques lui proposent une seconde chance et déclarent l’envoyer à la fin de l’année 1996. [41mn50]

En fait, il se retrouve au cœur des combats de la guerre de 1914 en compagnie de José qui a donc été lui aussi désigné comme volontaire. [42mn50]

Mais cette nouvelle erreur de destination est réparée et James arrive enfin à Baltimore en novembre 1996. Six années se donc sont écoulées depuis sa première visite au cours de laquelle il avait fait la connaissance du docteur Kathryn Reilly. Cette dernière est devenue une psychiatre de renom ; cette fois, elle n’est plus auditrice dans le public, c’est elle qui donne une conférence d’ailleurs très suivie sur les mouvements d’opinion à travers les âges suite aux épidémies. Elle évoque le cas d’un soldat de la guerre de 1914 qui ne parlait pas français, mais un anglais obscur et prophétisait une épidémie mortelle pour 1996 et qui avait disparu de l’hôpital où il était soigné. Elle évoque pour son cas le complexe de Cassandre : être condamné à connaître le futur sans pouvoir faire partager sa prédiction susciterait angoisse de la connaissance doublée de l’impuissance à intervenir. A la fin de la conférence, alors qu’elle monte dans son véhicule, elle est agressée par un individu qui lui intime l’ordre de se rendre à Philadelphie, à cinquante kilomètres de là. Cet homme n’est autre que James Cole ! Il veut trouver l’Armée des Douze Singes qui, selon lui, va libérer le virus de l’épidémie. Tout en forçant Kathryn à le suivre, voire en la séquestrant, il découvre que c’est elle, mais avec des cheveux blonds, qui hante son cauchemar de l’aéroport. Dès qu’ils arrivent à Philadelphie, James découvre sur les murs les graffitis des « Douze Singes ». Un volontaire désigné, comme lui, des temps futurs, le même qui l’avait appelé Bob et conseillé lors de sa tentative de fuite hors de l’hôpital psychiatrique, lui explique comment les Scientifiques le suivent à la trace : un mouchard est implanté dans une dent et il suffit de l’arracher. James refuse de croire qu’on puisse le surveiller puisqu’il accomplit sa Mission. [58mn30]

Forçant Kathryn à rester avec lui, James suit les traces des graffitis et pénètre dans un théâtre désaffecté où ils sont attaqués par ceux qui préparent les affiches concernées. James tue son assaillant et ils peuvent s’enfuir. Dans les rues, des prédicateurs invoquent le châtiment de Dieu et l’Apocalypse. Au détour d’une rue, James découvre le siège du « Freedom for Animal Association » et décide de s’y rendre. Il menace les militants qui s’y trouvent et découvre que Jeffrey Goines est devenu une vedette des médias parce qu’il s’opposait à son père, un virologue réputé qui a obtenu le Prix Nobel. Les militants expliquent qu’il a créé une armée pour radicaliser la lutte. Prenant à témoin Kathryn, James en conclut qu’il s’agit de la fameuse « Armée des Douze Singes », . Une dernière révélation est donnée sur Jeffrey : il aurait trahi ses compagnons et décidé de se réconcilier avec son père pour surveiller le traitement réservé aux animaux dans les laboratoires. [1h03mn]

Après avoir volé une voiture, James poursuit son errance en compagnie d’une Kathryn toujours aussi sceptique, mais qui soigne James blessé par balle lors de son incursion en 1914. James décide de se rendre à une soirée dont le père de Jeffrey est la vedette. Il est mis en présence de son ex-compagnon de cellule psychiatrique, qui le reconnaît malgré les six années écoulées, et à qui il demande de lui donner le virus. Mais la discussion s’envenime et Jeffrey rejette toute appartenance à cette « Armée des Douze Singes » qu’il critique violemment. James est éconduit par les gardes du corps à qui il échappe et rejoint Kathryn qu’il avait enfermée dans le coffre de la voiture et qui se révolte contre le traitement qu’il lui fait subir et ses affirmations concernant la fin du monde. Mais, dans la nuit, la police qui les recherche approche d’eux. Brusquement, alors qu’il a les pieds dans une mare, James disparaît aux yeux de Kathryn. Après avoir été prise en charge par la police, elle essaie d’expliquer au policier qui l’interroge que James est un malade nécessitant des soins et non un criminel à pourchasser comme tel. En vain. A la télévision, elle apprend que le fait-divers de l’enfant tombé dans un trou était, en fait, un canular. Stupéfaite, elle se rend compte que James avait raison lorsqu’il le lui annonçait. [1h17mn]

James, rappelé en 2036, est réveillé cette fois dans un lit confortable et par les remerciements des Scientifiques qui lui chantent même l’un de ses airs favoris et lui offrent un diplôme pour le mettre dans de bonnes dispositions à leur égard. Mais il refuse la mascarade pour clamer qu’il est fou et qu’Ils sont sa folie. Il est aussitôt anesthésié. La voix de Bob lui conseille d’être raisonnable et de leur mentir pour obtenir ce qu’il veut : retourner en 1996 et vivre avec Kathryn. A son réveil, il se trouve attaché sur son siège en hauteur. Il essaie de persuader les Scientifiques devenus méfiants envers lui, de son désir d’accomplir sa Mission. Il répond avec succès au test qu’Ils lui font passer. James peut donc être renvoyé dans le passé, en 1996, pour poursuivre sa Mission. De son côté, Kathryn tente, en vain, d’expliquer ce qu’elle a enfin compris à son directeur. Elle apprend que la balle qu’elle a retirée de la jambe de James date de la guerre de 1914 et, au comble de l’émotion, découvre sur des photos d’époque le visage de James. Elle entre en contact avec le père de Jeffrey pour l’avertir des projets de l’« Armée des Douze Singes », mais ce dernier la rassure en lui certifiant que personne ne peut avoir accès aux cultures de virus. Il demande d’ailleurs à son assistant, le docteur Peters, de renforcer encore les mesures de sécurité. [1h25mn]

Kathryn se rend au siège de la FFA, mais on lui refuse l’accès. Jeffrey, qui mène un double jeu, est, à l’intérieur, au côté des militants et prépare un plan de défense des droits des animaux. Brusquement, dans la rue, alors qu’elle vient de voir un Bob effrayé qui prétend ne pas connaître James, elle s’entend appeler et découvre James de retour en 1996. Elle veut le mettre à l’abri de la surveillance policière, mais il attire l’attention sur lui et les policiers les prennent en chasse. Pendant ce temps, un militant de la FAA met en doute la légitimité de Jeffrey qu’il considère comme un malade mental qui aurait révélé à Kathryn les plans de l’association. Très agité, Jeffrey a réponse à tout et se défend en échafaudant une théorie : son cerveau aurait été scanné, ce qui permet de savoir en temps réel ce qu’il pense ! [1h30mn]

Kathryn, pour échapper aux recherches policières, loue une chambre d’hôtel pour deux. Mais le concierge se méprend sur son compte et croit qu’elle est une prostituée clandestine ; aussi alerte-t-il le souteneur local de cette concurrence. Dans la chambre, Kathryn presse James de questions pour comprendre ce qu’il est, ce que sont ses pouvoirs et ce qu’il va advenir de sa prédiction. James, tel un enfant, exprime son vœu le plus cher : rester en 1996 avec elle. Emue, elle le prend dans ses bras. Surgit alors le souteneur venu demander des comptes à celle qui, pense-t-il, exerce sur son territoire. James se défait de lui et s’arrache une dent, comme le lui avait conseillé Bob pour ne plus être repéré par les Savants. Ils parviennent à échapper à la police. [1h37mn]

Kathryn décide d’appeler le numéro que les Savants ont donné à James pour qu’il les prévienne du déroulement de sa mission. Elle revient vers lui folle de joie en pensant que tout ce qu’elle avait fini par croire au contact de James est faux : le numéro est celui d’une entreprise de nettoyage ! Et elle lui répète le message qu’elle a envoyé : « La FAA est le QG de l’Armée des Douze Singes… » ; il la coupe et complète lui-même le message que lui avaient fait entendre les Scientifiques lors de son précédent retour en 2036 : « …Ce sont eux qui vont le faire. Je ne peux rien faire de plus. Je dois partir. Joyeux Noël ! » Kathryn, atterrée, comprend enfin que James a toujours dit la vérité. Il lui explique qu’Ils ont bien reçu son message, qu’Ils le lui ont fait écouter, mais qu’il n’a pas reconnu sa voix déformée par l’enregistrement de piètre qualité. Comme la police est dans les parages, Kathryn décide de changer son apparence : elle change ses vêtements et achète une perruque. [1h40mn]

Pendant ce temps, Jeffrey et les militants de la FAA se trouvent dans un bus en compagnie d’un prisonnier aux yeux bandés : c’est le propre père de Jeffrey qui a été enlevé et qui, influencé par les craintes formulées par Kathryn sur un possible vol du virus, avertit son fils qu’il n’a plus le code d’accès au virus. Il finit même par lui dire qu’il le juge désormais fou à lier. Le groupe se rend dans un parc zoologique pour rendre leur liberté aux animaux emprisonnés.

Cependant, dans un cinéma qui propose une « Séance de 24 heures » consacrée aux films d’Hitchcock et où ils se cachent, Kathryn et James assistent à la projection du Vertigo (Sueurs froides) d’Hitchcock (la séquence dans la forêt de séquoias) tout en se grimant. James s’endort et à son réveil devant la vision d’un autre film d’Hitchcock, Les Oiseaux, constate la disparition de sa complice qu’il retrouve à l’entrée : elle est coiffée d’une perruque blonde. James lui avoue qu’il l’a toujours vue ainsi dans ses rêves ; elle lui confie qu’elle le reconnaît tel qu’il est désormais. Ils s’enlacent. [1h46mn]

Alors que James et Kathryn prennent un taxi pour s’enfuir et vivre leur bonheur à Key West, les animaux libérés se répandent dans la ville de Philadelphie. James et Kathryn apprennent de la bouche de la conductrice du taxi que l’« Armée des Douze Singes » a libéré les animaux et enfermé le professeur Leland Goines dans une cage. Soulagés, ils comprennent que l’inscription inscrite sur les murs (« We did it/ Nous l’avons fait ») ne signifie pas la diffusion du virus. A l’aéroport, la police veille et renforce la surveillance pour intercepter le couple recherché. Aussitôt à l’intérieur, James reconnaît l’aéroport du cauchemar récurrent qu’il ne cesse de faire. Il se revoit, enfant, assister à la scène de la fusillade et se souvient aussi de la présence de Kathryn. Pendant qu’elle s’occupe des billets, il passe un coup de fil aux Scientifiques pour les prévenir que l’« Armée des Douze Singes » n’est pour rien dans la menace au virus ; il ajoute qu’il refuse de retourner en 2036. [1h50mn]

Au guichet un homme se présente pour retirer son billet d’avion pour un véritable tour du monde qui doit le conduire, en une seule semaine, à San Francisco, à La Nouvelle Orléans, à Rio de Janeiro, à Rome, à Kinshasa, à Karachi, à Bangkok et à Pékin. James, qui est allé aux toilettes pour rajuster sa moustache postiche, entend la voix de Bob qui le met en garde et croise José qui lui déconseille de désobéir sinon il abattra Kathryn, puis il lui confie un pistolet. James comprend que les Scientifiques l’ont retrouvé suite au coup de téléphone qu’il leur a passé. Un enfant aux yeux bleus – celui du début du film - appelé James par sa mère entre dans la salle d’embarquement. Au guichet, l’homme du tour du monde croise Kathryn qui jette un coup d’œil aux journaux. Elle voit cet homme en photo, en première page, et le reconnaît : c’est le docteur Peters, l’assistant du professeur Goines. Elle comprend alors qu’il s’est emparé du virus et qu’il va le diffuser dans le monde entier. Elle se précipite vers James pour l’informer de sa découverte. Tous deux se hâtent vers la salle d’embarquement et essaient d’alerter les policiers pour qu’ils arrêtent le Dr Peters. A leur vue, ce dernier prend la fuite, poursuivi par James pistolet au poing. La police se méprend sur ses intentions, fait feu sur lui et l’abat. Il expire dans les bras de Kathryn, sous les yeux de l’enfant aux yeux bleus, le jeune James Cole. Se souvenant du récit de cette scène que lui avait fait James, la jeune femme cherche autour d’elle l’enfant, le découvre et son regard croise celui de l’enfant. Pendant que les policiers l’emmènent, Kathryn garde les yeux rivés sur l’enfant, un sourire aux lèvres, confiante : elle sait qu’il s’agit de James…

Dans l’avion, le Dr Peters engage la conversation avec sa voisine de siège. Evoquant la fusillade dans l’aéroport et la violence de la société, ils s’accordent sur le fait que la prochaine espèce en voie de disparition est l’espèce humaine ; elle se tourne pour se présenter et lui serrer la main : elle est l’une des Scientifiques de 2036 !

Quittant l’aéroport en compagnie de ses parents, l’enfant aux yeux bleus lève le regard vers l’avion porteur du virus qui s’éloigne dans le ciel… [2h]


4. Fiche technique


  • Réalisation : Terry GILLIAM.
  • Titre original : Twelve Monkeys.
  • Année : 1995.
  • Scénario : David Webb PEOPLES et Janet PEOPLES, d’après La Jetée de Chris MARKER.
  • Directeur de la photographie : Roger PRATT.
  • Musique : Paul BUCKMASTER.
  • Production : Charles ROVEN / Universal / Atlas.
  • Distribution : UFD / UGC Ph-Castle Rock-Turner.
  • Durée : 125 minutes.

Distribution :

  • James Cole : Bruce WILLIS.
  • James Cole, enfant : Joseph MELITO.
  • Le docteur Kathryn Railly : Madeleine STOWE.
  • Jeffrey Goines : Brad PITT.
  • Le balafré : Michael CHANCE.
  • Le docteur Leland Goines : Christopher PLUMMER.
  • Le docteur Peters : David MORSE.
  • Le docteur Fletcher : Frank GORSHIN.
  • José : Jon SEDA.
  • Louie : Harry O’TOOLE.
  • LJ Washington : Fred STROTER.
  • Le botaniste : H. Michael WALLS.
  • Le géologiste : Bob ADRIAN.
  • L’astrophysicienne : Carol FLORENCE.
  • L’ingénieur : Ernest ABUBA.
  • La poétesse : Irma ST. PAULE.
  • L’inspecteur Franki : Joey PERILLO.




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Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT


5. Bande annonce





 
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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2015-12-06 09:51:28




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